Une forêt jardin

Suite à plusieurs décennie de mauvaise gestion de nombreux chênes dépérissants perdaient leurs cimes quand ils n'étaient pas en train de mourir. Ce projet mêle donc la connaissance sylvicole pour régénérer le boisement à la sensibilité du paysagiste pour y agencer et y spatialiser un lieu de vie et voir même plus un jardin comestible inspiré des principes de la forêt jardin et de permaculture.

November 13, 2020

NOTICE

Le boisement semble dans sa globalité fragilisé par une gestion stressante qui supprime toute la strate intermédiaire en favorisant un couvert de graminées régulièrement tondues. En effet, face à ce contexte anxiogène et pauvre, de nombreux chênes donnent des signes de mauvaise santé. Cet état phytosanitaire doit attirer notre attention sur le danger potentiel que ces individus dépérissant peuvent causer à la future habitation ainsi qu’au voisinage. Une étude phytosanitaire sera réalisée par un bureau d’étude spécialisé, nous permettant d’affirmer avec précision les arbres à abattre ou conserver.
Cependant à première vue nous pouvons avons dénombrer 26 sujets à abattre pour cause sanitaire.
A cela s ‘ajoute 9 sujets à abattre pour l’implantation de la maison. Soit un total de 35 sujets à abattre. Notez bien que notre stratégie végétale prévoit leur remplacement à hauteur de 25 sujets dont 19 jeunes chênes et 8 jeunes multi tiges ornementaux type prunus et cornus Florida. A cela s’ajoute plusieurs centaines de jeunes plants forestiers de charmes et tilleuls pour reproduire un taillis sous futaie propre à un boisement naturel. L’écosystème crée sera enrichit avec le temps, les graines et un travail de sélection opportuniste.

1/ Un nouveau taillis sous futaie pour régénérer le boisement : les cellules végétales

Avant tout, notre projet d’aménagement consistera à régénérer le boisement et son sol. Pour cela nous propo- sons de mêler la connaissance du monde sylvicole à celle de l’aménagement paysager.
Notre intervention visera localement, à la manière d’un acupuncteur, à reconstituer le boisement, avec des cellules de régénération. Ces espaces seront voués à évoluer librement avec le minimum d’intervention. Elles seront composées d’essences locales profitant des trouées dans le couvert forestier pour pousser.
Dans cette dynamique, nous implanteront une nouvelle strate intermédiaire composée d’annuelles puis de ligneuses fixatrices d’azote, et pour la relève de jeunes charmes et jeunes tilleuls. Ce nouvel écrin protégera la nouvelle relève du boisement de chêne. En effet quelques jeunes plants de chêne rouvre seront implantés en
leur sein. Serrés, ils pousseront haut et vite en quête de lumière assurant une belle relève.
Une attention toute particulière sera apportée au sol qui sera amendé par le broyage des arbres abattus. Le but, ne plus sortir de matière organique de la parcelle, stoppant son appauvrissement.
D’un point de vue paysager ces cellules, stratégiquement placées viendront cadrer les vues, dissimuler des regards et offrir une nouveau découpage de l’espace, évoluant avec le temps.

2/ La structure du projet : les cheminements

Dans cette forêt jardin, notre intervention peut se comparer à une séance d’acupuncture, où nous intervenons au grès des trouées lumineuses.
Le seul tracé, la seule structure du plan sera le tracé des circulations. Ils facilitent le déplacement, protègent le sol forestier d’un tassement excessif tout en racontant une histoire.
Nous pouvons les diviser en deux catégories :
Chemin carrossable
Pour la voie carrossable nous proposons de reprendre la matérialité des routes forestières en graves stabi- lisées. A la fois perméable à l’eau, solide et peut impactant pour le système racinaire elle s’intégrera avec douceur dans ce micro paysage forestier.
Sentier
Les sentiers seront dans les zones les plus fréquentées couverts de traverses en chêne. Dans les zones secon- daires une version en sable stabilisé viendra accompagner la promenade.

3/ Vivre : une promenade poétique

La promenade débute au Nord dès l’ouverture du portail coulissant intégré à la haie libre de loniceras arbustifs et viburnums, côté rue. A partir de là, se succèdent différentes cellules et clairières.

Les clairières fleuries

Profitant des trouées laissées par d’anciens chênes, elles sont composée en strate haute d’essences ligneuses à fleur comme le prunus sargentii, les magnolias ou encore les cornus Florida. En strate basse de jacinthe des bois, violette des sorciers, ronces naines couvriront le sol...ces respirations offrent de la fin de l’hiver et jusqu’à l’automne de chatoyantes couleurs tant par leurs fleurs que par leurs feuillages.

La clairière comestible

Profitant de sa proximité directe avec la maison et de la plus grande trouée dans le couvert végétal nous installons tout un mélange sur trois strates de vivaces, grimpantes et petits arbustes comestibles...allant du groseillier au Kiwai en passant par les mures, les angéliques et les akebias.

La clairière de la mare

Surprise du fond du bois. Alors que l’on croyait la promenade terminée depuis longtemps nous découvrons cette mare forestière offrant le refuge aux batraciens des marais et étangs voisins. Ces derniers trouverons ici une alternative dans leur migration entre les marais et les étangs de la foret de Chantilly. Une petite terrasse en bois pourra accueillir une table et quatre chaises pour admirer la maison à travers le boisement de chênes.

Infos
Situation : Foret de Chantilly
Superficie : env 3500m2
Equipe :
HORUS : étude de paysage
KARAWITZKARAWITZ : architecte